Les Klongs


Surnommée pendant longtemps " La Venise de l'Orient " en raison de l'infinité des klongs (canaux) qui la parcouraient, Bangkok offre encore la possibilité d'une belle balade dans un passé de cartes postales...

Les Klongs d'autrefois à Bangkok Thaïlande (1900)

 LES KLONGS et non les Klungs

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La construction de ce réseau artificiel s'étendit sur des siècles, impulsée notamment sous le règne de Rama III (1787-1851), devenant au fil du temps des axes importants des transports de marchandises, facilitant les échanges commerciaux (floating markets), la pénétration des marchandises venues du Golfe, et l'irrigation des cultures.

C'étaient aussi de bonnes protections contre les inondations, récurrentes pendant la saison humide, permettant une meilleure régulation du niveau des eaux par le drainage et l'évacuation dans le Chao Praya.
De nos jours, sauf erreur de ma part la pluie tombe toujours.
On récupère désormais les eaux par un immense réseau de collecteurs.

Démographie galopante, assainissement d'un pays qui fut longtemps ravagé par le paludisme (ce n'est plus le cas), découverte des modes de développement du choléra (Pacini, 1844 et Koch, 1883) maladie source de dramatiques épidémies, les klongs furent peu à peu comblés par les monarques suivants.
De nombreuses artères de la capitale suivent d'ailleurs leur tracé.
Dès le début du 20è siècle, plus de la moitié du fret de marchandises s'effectuait par la route.
Toutefois, il subsiste 2 284km de klongs, chiffre qui peut paraître élevé, mais à relativiser selon l'intérêt touristique plus ou moins important selon les quartiers.
Par exemple les quartiers lointains de la Banlieue Nord n'offrent pas un spectacle bien réjouissant.
Il vaut donc mieux se limiter aux spots touristiques, la balade attire d'ailleurs des milliers de touristes et par conséquent les prix sont plus élevés que par le passé.
Ne pas hésiter à marchander, pour le coup, les tarifs de base proposés sont souvent prohibitifs. Pour info, le salaire minimum officiel à Bangkok est de 206b par jour.
Évidemment, si on prend un guide personnel, ou un circuit en groupe, les tarifs sont très variables.

A noter qu'en dehors des croisières qui permettent de remonter le Chao Phraya, on peut faire de belles balades lointaines dans des banlieues encore préservées, les klongs desservant toujours une infinité de petits villages tranquilles (même s'ils n'ont plus l'aspect de ceux du 19è siècle!).

 

Klong à Bangrak en 1910. Photo Postcard circa


Plus proche du centre, en circuit organisé ou plus individuel, on parcourra avec intérêt les klongs proches des Temples, tout en croisant quelque vendeuse de fruits (malheureusement, elles sont de plus en plus rares) ou en observant les activités familiales des riverains.
Promenade agréable (attention aux coups de soleil!) si on met de côté la qualité des eaux, bien loin de celles qu'elles présentaient sans doute par le passé!
J'ai pour ma part fait de belles balades en 2009 et 10, partant de Thonburi. (Sans oublier aussi, les lignes régulière fluviales de Bangkok centre à un prix dérisoire.... voir la vidéo!).
Très impressionné par les facteurs circulant à toute vitesse en "Longtail boats" pour aller distribuer le courrier jusqu'aux Bangkokiens les plus isolés, un marchant de glace ou encore par l'observation d'une vie quotidienne en toute simplicité.
C'est ainsi que je me suis rendu compte que pour bon nombre de Bangkokiens éloignés, le klong reste une source d'activités, notamment par l'acheminement des marchandises, et plus simplement encore la pêche au filet, nécessaire aux nostalgiques d'une époque et d'un style de vie diminué.
Je n'ai pas fait analyser les chairs des poissons, mais la soupe de poisson-chat était délicieuse! Poisson que l'on retrouve en abondance, puisque nourrit par la population et souvent intelligemment (pourrait-on croire!) réfugiés près des wat, abrités par le "tu ne tueras point" des Bonzes.

Par contre, pour un poisson grillé, je préfère les carpes d'élevage et autres tilapias élevés dans tout le pays dans de bonnes conditions sanitaires.
Pression démographique, urbanisation galopante, le retraitement des eaux usées fut longtemps négligé.
Ce n'est qu'en 1990 qu'un programme réellement ambitieux fut mis en place, avec un système de collecte moderne et d' usines de retraitement.
Mais le retard est difficile à combler, pour un problème qui est dû avant tout à la démographie ( plus de 700 000 habitants sur Thonburi par exemple ), l'essentiel des déchets venant des activités des foyers aux occupants bien souvent mal informés.

Sources principales: Mr. Chanchai Vitoonpanyakij
Macalester College. St.Paul. Minnesota/ BMA. Mr. Chanchai Vitoonpanyakij

* Klungs; enfants métisses moitié farang, moitié thaï.